dimanche 30 mai 2010

Björk partie 2

De retour après une petite escapade en long, en large et en travers tout autour de mon île Caribéenne, je reviens sur le cas de Björk...




C'est en 1983 et avec le groupe Kukl que Björk trouve son premier projet musical sérieux. Kukl, groupe créé par un producteur de disque, Ásmundur Jónsson, dans le cadre d'une émission de radio, ne devait être à l'origine qu'une expérience ponctuelle. Il s'agissait en fait de réunir divers artistes de groupes et d'univers différents pour créer un superband et Björk, malgré son jeune âge (18 ans à l'époque) avait su attirer l'attention au travers des expériences musicales en solo ou avec Tappi Tíkarrass et Exodus (voir partie 1).

La première prestation scénique de Kukl a lieu en septembre 1983, en première partie du groupe punk britannique Crass. Fort de ce premier test réussi, le groupe sort un premier single en décembre de la même année. Il s'appelle Söngull (démembré) et connaîtra une version anglaise que voici :




La rencontre du groupe islandais avec Crass sera déterminante car c'est sous le label anglais (Crass records) que sortira le premier album de Kukl, The Eye.



Album étrange et inquiétant au titre inspiré d'un roman de Georges Bataille, The Eye rassemble les différentes influences gothiques et punk du groupe où l'on retrouve ça et là Mark E. Smith, Killing Joke, ou comme dans Anna (leur premier clip) un petit air de B52s...



Ce premier album au style singulier emmenera Björk et ses acolythes dans une tournée européenne qui verra la sortie d'un premier live appelé en français Kukl, live à Paris 19.4.84.

Un troisième album, Holidays in Europe (The Naughty Nought) sortira en 1986 sur le label Crass records. Il s'agit d'un album concept encore plus déroutant que The Eye avec des titres faisant référence à la Bible. Un album sur lequel on retrouve France (a Mutual thrill) :





Toutes les bonnes choses ayant une fin, en 1987 Kukl explose laissant la place à Sykurmolarnir (Sugarcubes). En réalité, si le nom du groupe change on retrouve un grand nombre des membres de Kukl dans la nouvelle formation.



Le fait que le groupe se soit formé le jour de la naissance du premier enfant de Björk a-t-il joué un rôle sur la suite de la carrière du groupe, difficile à dire... Ce qui est certain, néanmoins c'est que l'on avec Sugarcubes un groupe beaucoup moins torturé que les précédentes formations de la chanteuse. Très vite, les Sugarcubes deviendront le groupe islandais le plus connu au monde et cela est peut-être lié à cette chanson, Birthday, qui sera jouée sur la BBC par le cultissime John Peel. Birthday sera d'ailleurs élue chanson de l'année par ses auditeurs...


Si c'est pas du Björk tout craché ça, je ne sais pas ce que c'est...

Comme pour bien le démarquer d'un sombre passé Kuklien, le premier album des Sugarcubes, Life's too good est flanqué d'une pochette colorée et joyeuse.


Existe en bleu, rose, jaune, orange...

Le succès de Life's too good et l'ascendant de Björk sur les autres furent tels (tant en Grande-Bretagne qu'aux Stazunis) que des tensions commencèrent à apparaître au sein du groupe. Les différents couples qui s'étaient formés au sein de Sugarcubes explosèrent et c'est poussivement et dans une certaine ambiance électrique que sortira le second album.



Here Today, Tomorrow Next Week!, donc tranche avec le premier opus. Si l'on est toujours dans l'excitation et la pop colorée, la prédominance de la voix du guitariste Einar Örn Benediktsson en déroute plus d'un et l'album est boudé par les fans et une grande partie de la critique. Ecoutez Pluto!


C'est là qu'on se rend compte qu'une voix ça joue quand même un peu à un moment donné...


A l'issue de la tournée de promotion de l'album chacun des membre s'éloigne un peu du groupe et si il y aura effectivement un troisième et ultime album (original) des Sugarcubes, le coeur n'y est plus beaucoup. Björk se prépare déjà a "revenir" vers une carrière solo, une carrière qui sera l'objet de la troisième partie...


Björk partie 1




Parler de Björk est quelque chose de difficile pour moi. Si j'ai adoré l'artiste pendant longtemps, ses dernières productions m'ont quelque peu échappé... Comme beaucoup de fans j'ai tous ces disques et comme beaucoup de fans, mon préféré reste toujours Debut. Mais parler de Björk depuis ce premier disque solo est une erreur... D'abord parce que Debut n'est pas son premier disque. Ensuite parce que la carrière de cette artiste est probablement beaucoup plus riche que ce que le quidam occidental ne le saura jamais. La vie musicale de Björk commence à 11 ans. Née de parents hippies et éveillée, comme tous les petits vikings à la musique, Björk entre très tôt dans le show biz islandais.


Eh oui! Björk et crazy frog ne sont qu'une seule personne!

Dans la foulée de ce premier titre, la petite Björk enquille sur un premier album sobrement appelé Björk. Contrairement au titre que nous venons d'écouter (je me demande combien ont eu le courage d'aller jusqu'au bout!), Björk est un album exclusivement islandais. Il est constitué pour la plupart d'adaptations de titres pop des années 60... dont une que voici...




Fille d'un syndicaliste et d'une activiste écolo, Björk ne pouvait pas rester longtemps esclave du système et si elle poursuit sur la voix musicale, dès 14 ans elle forme un group punk de filles, Spit and Snot... puis est à l'origine d'une autre formation (jazz fusion cette fois), Exodus.
C'est deux ans plus tard, nous sommes en 1981 et Björk à 16 ans, qu'un vrai premier groupe conséquent voit le jour. Il s'agit de Tappi Tíkassar un groupe qui aura une vraie carrière en Islande avec à son actif un album, plusieurs apparitions dans des films et un genre qui enfin commence à ressembler à la Björk que nous connaîtrons bientôt. La voici donc à 17 ans dans un live que l'on peut retrouver dans le docu Rokk Í Reykjavík (que je n'ai pas vu...)




Après deux ans d'une vie musicale riche d'enseignements, Björk délaisse Tappi Tíkassar et entame son second projet sérieux et qui donnera, à ma connaissance, son premier groupe à s'exporter en dehors des frontières islandaises : KUKL.

Björk, une fille qui en a dans la culotte...




Dans le prochain épisode... KUKL et Sugarcubes... Mais avant ça, un live assez rare de Björk et sa bande de tarés de Tappi Tìkassar...

samedi 29 mai 2010

Et tout de suite... Une page de pub!





La publicité a souvent utilisé la musique et les chansons des pays du nord pour vendre des produits les plus diverses et variés. On a déjà vu que grâce à Stina Nordenstam, on peut avoir de beau cheveux, bien propres et brillants... (voir ici)
Mais ce n'est pas tout! Stina, qui est une fille bien propre sur elle, est capable de laver le linge aussi...



En règle générale, quand un publicitaire se dit je vais chercher dans la musique du nord pour vendre mon produit, il se dit qu'une musique scandinave donnera une ambiance de pureté et de nature (encore que dans le cas précédent, derrière la voix de Stina il y a la musique de Vangelis)...

Aujourd'hui, une petite sélection (non exhaustive) des pubs utilisant des artistes scandinaves...

Abba flag Suède - National




Kent flag Suède - Friends



Salem al Fakir flag Suède - Volvo



Alphabeat flag Danemark - Coca-Cola light


Wannadies flag Suède - Stratos


Gus Gus flag  Islande  - Mitsubishi




Röyksopp flag Norvège - Geico



Björk flag  Islande /The Observer



A-ha flag Norvège - Xbox360


Voilà! Det är allt för idag! C'est tout pour aujourd'hui!

mercredi 26 mai 2010

Salem Al Fakir


Salem Al Fakir

C'est toujours difficile d'écrire sur quelqu'un qu'on aime bien sans en faire des caisses. J'ai déjà parlé, quoique furtivement, de Salem Al Fakir. Une campagne de pub pour une voiture suédoise avait fait de son titre It's only you Part. II, l'accroche musicale.

Flash back :



Né en 1981 d'un père Syrien et d'une mère Suédoise, le petit Salem développe rapidement une attirance pour, tiens donc, la musique. Il apprend le violon dès quatre ans et part avec son prof faire une tournée en tant que soliste dix ans plus tard en Russie. Quand on voit un tel début on se dit, mais qu'est-ce qu'on foutait sur notre armstrad CPC 6128 au même âge?? Le problème avec les Suédois c'est qu'ils font du sport, de la musique, parlent seize langues et n'ont quasiment pas de problèmes d'acné.

Pourtant, un peu comme les Madcon en Norvège, Salem Al Fakir détonne un peu dans l'univers musical scandinave pop bien propret. Sans style apparent, ou plutôt excellant dans tous les genres, il est capable dans une chanson de passer en revue ses différentes influences musicales. On le voit particulièrement dans un titre comme Dream girl, son premier opus, qu'il ouvre sur un ton jazzy pour enchaîner sur une rythmique jazzy et finir dans une pop flamboyante...




Rien d'étonnant à ce que Salem se voit rapidement comparé aux plus grands, de Stevie Wonder à Al Green, en passant par Jamiroquai ou Curtis Mayfield.

Son premier album This is who I am, disque auto-produit par sa pomme et son frère est le premier disque par excellence d'un artiste qui a envie d'en mettre plein la vue. Si certaines chansons se trouvent peut-être un peu alourdies par l'emploi excessif d'instruments (Salem joue de tout et il veut que ça se sache)... il n'en reste pas moins qu'au fil de ce premier disque se dévoile un très grand artiste. Toutes proportions gardées, This Who I am rencontre un succès aussi bien critique que commercial et les récompenses pleuvent tout comme les remixes.

De ce premier album sortiront quelques autres tubes et pour celles et ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de découvrir la grosse artillerie qu'est This is who I am, je vous invite à trouver un bon disquaire, ou un site de téléchargement (légal).



Le deuxième album de SAF, Astronaut, sort en 2009, soit deux ans après This is who I am. Si dans son premier disque, l'artiste tentait de se présenter et revenait probablement sur certaines des frustrations qu'il avait pu rencontrer en tant qu'étranger au pays des blondes, ce deuxième disque marque d'abord par le fait qu'il ne s'appelle plus Salem Al Fakir mais juste Salem :

- Vous vous appelez François, c'est juste? Ben lui c'est pareil, c'est juste Salem!
- Comment ça il a pas de nom de famille?

Comme pour son premier album, Salem fait tout ici. C'est chez lui, il fait sa cuisine comme il l'entend. La musique, les arrangements les paroles et le mixage c'est lui et c'est encore un cran au-dessus. Si This is who I am était un bon album expérimental naviguant entre différents genres un peu bling bling, Salem a gagné en maturité. Son écriture est plus aboutie et l'album beaucoup plus cohérent. Résultat, on a des chansons plus simples, moins énauuurmes mais tout aussi efficace. En voici la preuve avec le titre qui donne son nom à l'album, Astronaut...



Un an après Astronauts, sort Ignore this et Salem se re-appelle Salem Al Fakir. Nous sommes en avril 2010 et un premier titre sort. Alors j'ai hésité entre le clip officiel (qui vient tout juste de sortir) et un live chez nyhetsmorgon (le télématin suédois en plus cool)...


4 o'clock


On a donc avec Ignore this, un album beaucoup plus électro et toujours aussi abouti. Le disque n'en est qu'à quelques mois d'existences. Moi-même ne l'ayant écouté qu'une petite dizaine de fois, je ne me sens pas encore prêt pour une analyse soignée du disque mais je ne saurais que vous encourager à entrer dans le monde de Salem.


Keep on walking



Il y a pour cela trois portes d'entrée, trois albums dans lesquels il nous livre une palette de couleurs, d'énergie et derrière un blues naturel, une soif de bouffer le monde. Il reste à espérer qu'un jour le nom de Salem Al Fakir vienne se répandre sur les frontons des plus grandes salles de concerts car il aime la scène et il en a beaucoup à donner! Nul doute qu'un jour la Scandinavie en général et la Suède en particulier ne deviennent trop petites pour une si grande énergie...


Et pour finir, car il faut bien finir un jour... Un clip qui pour moi résume bien l'artiste :


dimanche 23 mai 2010

The Voyage (Suède)

Il en manque un!

The Voyage

Le problème quand on se choisi un nom de groupe, c'est d'être original. Idéalement le nom doit être représentatif du "produit" proposé. Un nom qui se retient facilement et qui, quand on le tape sur google, pourra aider le groupe ou l'artiste à se placer en tête de liste des moteurs de recherche. Un des problèmes qu'ont rencontrés les suédois de Kent a été le référencement. Sur google, Kent donne en effet beaucoup de choses (essayez pour voir) mais il faut être malin pour y dégoter le groupe suédois.

The Voyage, contrairement à Kent, chante en anglais. C'est un début. Et si je parle de Kent, ce n'est pas un hasard car la toute jeune formation du tout-jeune (lui aussi) Mikael Lettestad a gagné il y a deux ans une competition de démo organisée par Parkstudio, le studio d'enregistrement du groupe de Joakim Berg (entendez Kent, donc).

Fort de cette reconnaissance et de ce petit coup de pouce, The Voyage se met au travail. A ce jour pourtant, aucun album en vue mais quelques titres bien ficelés. Porté par la voix fragile de Mikael Lettestad ce groupe propose un pop-rock intense. J'aurais adoré pouvoir vous mettre ici une vidéo ou une capture audio de leur superbe titre "In the snow" (produit par Sami Sirviö de Kent) mais ce même titre n'étant disponible que sur leur site myspace, je ne saurais que vous inviter à aller le découvrir.

Par contre, Mikael Lettestad, que j'ai contacté pour la rédaction de ce petit article, m'a envoyé un de ses titres. Ca s'appelle WWII et je vous propose de le découvrir ici.






Voilà. Donc The Voyage, un groupe à suivre. Ils débutent et je ne sais pas pourquoi mais je sens qu'un jour je pourrais me la raconter en disant que j'ai été le premier blog francophone à avoir parlé de ce petit groupe qui monte. J'essaierai de suivre la carrière des quatre petits gars de Stockholm...

Update le 17/11/2011

En allant sur le site perso du Mikael Lettestad, j'ai trouvé ce qui ressemble fort à une demo :

We Dream Our Dreams Alone With God by mikaellettestad


Update le 19/12/2011

Une petite vidéo dégotée chez mon ami youtube :


In The Snow

jeudi 20 mai 2010

La Norvège partie 5

Bergensbølgen (2)

Si il existe un groupe emblématique de la Norvège actuelle c'est bien Röyksopp. Les années 80 avaient A-ha. La période 1990-2000 sera celle d'un duo électro et inventif composé de Svein Berge et de Torbjørn Brundtland.

Röyksopp


-T'es sûr qu'on a bien attaché la caravane, parce que je sens que ça bouge, là...?

Quand je dis à Jocelyne, ma belle-soeur ; "tiens je vais te faire écouter de l'électro!" j'ai en général droit à "Non mais ça va pas? C'est de la musique de malade!!" mais dès que commence un disque de Röyksopp, elle se calme.

Par exemple, pour ce disque là...



Happy up here (2009)

... Elle m'a dit "ah oui mais ça c'est la musique de la soupe aux choux... c'est pas pareil!"

Röyksopp est un duo originaire, non pas de Bergen mais de Tromsø. Alors vous allez me dire mais quel rapport peut-il y avoir avec la Bergensbølgen, la nouvelle vague de Bergen que je commence à bien connaître? Eh bien il y a un rapport, et un rapport que je vais essayer d'éclaircir à la fin de ce post...

MELODY A.M.


Pour le moment j'en reste à Röyksopp. Nous sommes en 2001, le duo sort un premier album : Melody A.M. et enflamme les charts anglais. Le titre emblématique de ce premier disque très électro-pop, Eple (pomme en norvégien) est d'ailleurs pris par la marque apple (pomme en rosbif) pour le lancement de sa campagne pour le Mac OS X 10.3. Ils ont un sens du marketing ces Norvégiens... Je suis sûr que si leur chanson s'appelait Vindu (fenêtre), c'est Microsoft qui aurait eu le marché...


Ce n'est pas de la pub

De cet album, Melody A.M. donc, sortiront d'autres titres à succès tels que Remind me ou Poor Leno, les deux titres ayant pour point commun d'emprunter la voix douce et rassurante du crooner geek Erlend Øye. Comme tous les albums électro, Melody A.M. connaîtra 37.000 versions différentes. La classique version japonaise avec des inédits (il faudra un jour qu'on m'explique pourquoi les Japonais ont systématiquement droit à des albums enregistrés juste pour eux avec des bonus que nous on a pas...), la version DeLuxe avec lève-vitres électrique, ronce de noyer et siège en cuir... Sans oublier les bootlegs.
Et alors là, question bootlegs il y a à boire et à manger... Eple aura a été mixé avec à peu près toutes les chansons, tous les styles. Je voulais trouver la vidéo du bootlge Eple VS Last night a DJ saved my life mais celle là est gratinée aussi... Ah là là... C'en est presque à vous dégouter de manger des pommes!


Et si ça s'était appelé Kalv hode (tête de veau) ça aurait ptêt fait la campagne de Chirac si ça se trouve...

Pour en finir avec ce premier album, disons juste que Melody A.M. a été élu meilleur album norvégien de la décennie et qu'il figure également dans le livre les 1001 albums à écouter avant de mourir. Moi, c'est bon c'est fait!

THE UNDERSTANDING

Sorti en 2005, soit presque 4 ans après leur premier opus, The Understanding installe le groupe au niveau international. De cet album, ressortiront principalement, trois titres : Only this moment, 49 percent et What else is there où l'on retrouve la voix étrange de la suédoise Karin Dreijer...



Comme leur premier album, The Understanding verra quelques titres repris dans des publicités pour des grandes marques (bon, je ne vais pas mettre de vidéo à chaque fois mais pour ceux qui veulent savoir chez mon ami youtube y a de quoi faire)...
Cet album reste un très gros succès pour le duo et même si l'effet de surprise suscité par leur premier opus est peut-être un peu passé, on a là un disque d'une très bonne qualité où l'on retrouve un peu de dance, pas mal de mélancholie, une louche de Kraftwerk et un doigt de Jean-Michel Jarre (attention c'est une image, JMJ n'est pas le baron Empain!).

Il faudra attendre encore 4 ans pour voir arriver un nouvel album studio de Röyksopp. Je passe donc sur le live et les diverses compilations et remixes pour m'arrêter à la dernière galette en date, sortie donc en 2009, à savoir... Junior.

JUNIOR

Junior, disque enrichi en suédoises et salué unanimement par la critique, est considéré par certains comme un mix entre Melody A.M. et The Understanding et effectivement, si leur deuxième album semblait plus cérébral, Junior revient à des fondamentaux dance et il suffit pour s'en rendre compte d'écouter la belle Robyn délirer avec son copain le robot orange!

Röyksopp + Robyn - The girl and the robot

Junior, album attendu et espéré signe le retour du duo sur le devant de la scène et prouve, s'il en était besoin qu'après dix ans de carrière, Svein et Torbjørn en ont encore sous la semelle. Beaucoup plus joyeux et funky que l'album précédent, Junior s'écoute sans prise de tête. D'ailleurs, ma femme l'écoute en nettoyant les carreaux, c'est dire!

Pour terminer sur le sujet disons simplement que Senior, le pendant calme et introspectif de Junior (qui devait déjà sortir courant 2009) n'est pas encore disponible, si ce n'est au compte goutte sur leur site où l'on peut, au choix, télécharger les titres en mp3 en wav.

Voilà...

Donc, comme je le disais plus haut, même si Röyksopp n'est pas un groupe à proprement parler de Bergen, ils ont été très rapidement associé à la nouvelle vague de Bergen et ce, de par leur collaboration avec un homme, Mikal Tillé.

Tellé Records

Quand on parle de la vague de Bergen, on finit toujours par évoquer Röyksopp et derrière ce groupe phénoménal et rentable, il y a un homme Mikal Tellé. On ne sait pas grand chose de ce monsieur si ce n'est qu'il est jeune, cool, beau... Norvégien, quoi.


Mais ce qu'on sait, c'est que derrière sa maison de disque, Tellé records on trouve tout ça :

Familjen



Bjørn Torske


Ralph Myers and the Jack Herren Band


Voilà... Fini, momentanément pour le dossier Norvège. Je termine également (sans en être totalement satisfait) la vague de Bergen.
Il y a beaucoup, beaucoup d'autres choses à dire sur la musique de ce pays et j'y reviendrai plus longuement bientôt. Avec l'expérience, je reviendrai probablement sur chacun des petits articles que j'ai pu faire jusqu'à présent. A vouloir aller vite je me rends compte que je passe à côté de choses importantes...
En attendant, je me tourne déjà vers un petit groupe suédois qui monte, The Voyage.

Un dernier petit mot :

Tack ni alla som har kommit till den bloggen!

dimanche 16 mai 2010

La Norvège partie 4


Bergensbølgen (1)

Après un break féroïen, retournons en Norvège avec un petit arrêt en deux étapes dans la ville de Bergen, la ville du metal mais aussi de la pop et surtout de l'électro... Nous sommes à la fin des années 1990 et la presse britannique s'enthousiasme pour un duo électro au nom aussi nordique que possible : Röyksopp.

Alors qu'à Versailles des groupes comme Daft Punk, Air ou Phoenix ont déjà explosé, réconciliant momentanément la France avec les anglo-saxons, la Norvège connaît une nouvelle vague que les journalistes scandinaves appelleront Bergensbølgen. Contrairement à la French touch essentiellement électro, la nouvelle vague norvégienne regroupe une plus grande palette de talents. Si elle a bien compris des groupes et des artistes techno et dance, c'est avec un groupe de tataboum sautillant que tout a commencé...


Frank Hammersland

Frank Hammersland, un type marteau

Frank Hammersland, la tête à claques et le charismatique chanteur/auteur/compositeur/leader de groupes aussi divers que Doomsville boys, Pogo Pops, Popium ou The love connection mais aussi en solo depuis qu'il s'est rendu compte qu'il n'avait pas forcément besoin d'un groupe pour exprimer son talent...

Beaucoup de spécialistes s'accordent pour dire que Pogo Pops est (en grande partie) à l'origine de la Bergensbølgen. Derrière son chanteur énervé et inspiré, on trouve pour la première fois une pop norvégienne décomplexée et joyeuse et qui n'a plus peur de son voisin suédois...



En quatre albums, Pogo Pops aura ouvert la voix à d'autres groupes. Leur musique efficace et aux airs sixties en inspira plus d'un. Avec insouciance et légèreté, le groupe se taille une réputation et un talent scénique qui se les emmènera jusqu'au Japon. Pourtant, en 1996 le groupe se sépare et Frank Hammersland sort un album solo. Malheureusement, si son album reçoit de très bonnes critiques, le public ne suit pas.





Pogo Pops n'ayant pas rencontré le succès espéré, Hammersland créé donc avec des vieux potes de Bergen, un nouveau groupe pop-rock : Popium. Pas de changement flagrant de style, on reste dans des mélodies accrocheuses et sympa. Nous sommes au début des années 2000 et comme Pogo Pops, Popium va produire quatre albums simples mais diablement efficaces.

Fin 2006, l'aventure Popium prend fin et Frank Hammersland reprend sa route en solo. Viendront des collaborations et projets (The Love Connection, un retour des Pogo Pops), mais au fond c'est seul qu'il marche le mieux. Après des années d'un tataboum guilleret, Hammersland s'approche désormais d'un genre seventies qui rappelle sur quelques morceaux les Eagles. Son album, So easily distracted, sorti en 2007, regroupe, comme à son habitude un beau paquet de chanson bien ficellées. J'ai bien cherché à vous passer une vidéo de titres comme Don't wanna bring you down ou Matter of opinions mais rien si ce n'est sur son myspace.


Dans mon prochain post je parlerai de Mikal Tellé, de Röyksopp et de la scène électro. Il y aura enfin un condensé des goupes et artistes de la scène musicale de Bergen.

En attendant, un dernier titre emblématique de Bergen... Heia Brann! Je sais que je l'ai déjà posté mais en même temps c'est mon blog, je fais ce que je veux et en plus la version proposée ici est meilleure que la première...


vendredi 14 mai 2010

Ma première (presque) interview de Høgni Reistrup

Høgni Reistrup


Høgni Reistrup est un chanteur féroïen inconnu en France et du reste assez confidentiel dans les autres pays scandinaves et pourtant, c'est un artiste d'un grand talent que je tiens à vous faire découvrir ici.
C'est au moment où j'ai commencé mes recherches sur la musique féroïenne que je suis tombé sur une chanson de lui. C'était en recherchant des artistes sur la version anglaise de wikipédia que j'ai trouvé toute une liste de noms tout aussi imprononçables les uns que les autres. Coincé entre Eivør Pálsdóttir et Davur Juul Magnussen, son nom ne ressortait pas franchement.
Les uns après les autres je les ai quasiment tous écoutés (en tout cas ceux dont il existait une base de donnée significative chez mon ami youtube)... J'écris mon blog le soir, en rentrant du travail et parfois je suis occupé à faire autre chose et, arrivé sur Høgni Reistrup, j'ai tout arrêté, je me suis assis à mon bureau, j'ai mis mes écouteurs et j'ai écouté ça :


Vit vita at so er

Høgni Reistrup n'en est qu'à son deuxième album mais l'on sent déjà un vrai talent de musicien et selon certains, de songwriter (ça par contre, je ne peux pas me prononcer)...

Alors effectivement, comment en savoir plus sur un chanteur aussi discret? J'ai essayé de trouver à droite et à gauche, des informations sur sa carrière, ses influences, ses projets et force a été assez rapidement de constater qu'à moins d'apprendre le féroïen j'aurais beaucoup de mal à en savoir plus sur le jeune homme. Au point où j'en étais de mon enquête, je savais ceci :

Høgni Reistrup est né en 1984 à Tòrshavn, la capitale d'un archipel de 46.000 habitants à tout casser. Son premier album, Hufagar á ferð, sorti en 2007 est arrivé en tête des charts féroïennes et, fort de ce succès, il enregistre un second album Trý fet frá tilveruni qu'il part mixer à Dublin.

Mis à part les quelques vidéos postées sur youtube (et que je vous encourage à aller découvrir), rien de très fourni.


Dýrdarríka Náttin

Voilà! Alors comment faire pour en savoir plus sur un chanteur aussi confidentiel quand aucun fanclub n'existe sur internet, quand le site internet existe mais que ce dernier se contente de rediriger vers une page youtube ou myspace (laquelle est également assez faiblarde). C'est alors que me me vînt une idée lumineuse : prendre contact avec lui, ce que je fis et je m'empresse de le dire tout de suite, il ne s'agit pas à proprement parler d'interview mais de correspondance par emails.

Junkboy94 : Tu habites encore aux îles Féroé? J'ai lu quelque part que tu vivais au Danemark.
Høgni Reistrup : Là, je suis à Copenhague, après avoir passé six mois à Dublin pour le mixage de mon dernier album. Je viens de rentrer des îles Féroé en avril après une tournée sur l'archipel. C'était super de jouer pour les Féroïens.

JB94 : J'habite une petite île (aux Antilles). C'est vraiment tout petit. Ici, quand quelqu'un devient célèbre localement c'est différent de l'Europe ou des Etats-Unis. Selon toi, est-ce la même chose aux îles Féroé?
HR : Oui c'est pareil ici. Les gens se connaissent et se saluent dans la rue. Le fait qu'il s'agisse d'une petite communauté influe sur beaucoup de choses - notamment l'environnement musical.


Tak meg við

JB94 : En tant qu'artiste Féroïen célèbre,
vois-tu une différence entre tes fans par chez toi et ceux que tu peux avoir au Danemark ou ailleurs?
HR : Je pense que les fans sont les mêmes partout. Ils s'intéressent à la musique et sont des auditeurs enthousiastes. Les gens en dehors des îles Féroé ne comprennent pas les paroles et cela créé une autre relation à ma musique. Il y a très peu d'étrangers qui s'intéressent à la langue Féroïenne.

JB94 : A propos des autres pays, t'es-tu déjà produit en dehors de la Scandinavie?
HR : En fait non, mais j'aimerais bien!

JB94 : Je ne connais pas bien ta musique (j'ai bien commandé tes deux disques mais je ne vois toujours rien venir) d'où ma question, tu ne chantes qu'en féroïen ou aussi en anglais et en danois?
HR : Je ne chante qu'en féroïen. La plupart des artistes chez moi chantent en anglais. Il n'y a pas tant d'artistes qui chantent en féroïen (en tout cas pas à mon âge), mais au fond, c'est quelque chose de naturel pour moi. Les gens qui ne comprennent pas la langue la trouve en tout cas exotique (il n'y a que 60.000 personnes qui parlent féroïen)

JB94 : Quelles sont tes influences?
HR : J'ai été particulièrement influencé par Kári P., un chanteur de folk féroïen de la fin des années 1970. Il chante en féroïen. Je suis également influencé par la chanson traditionnelle de mon pays. J'aime beaucoup Bob Dylan et le chanteur anglais Nick Drake. J'écoute aussi beaucoup de musique classique. J'ai joué du violoncelle pendant des années et c'est vrai que la musique classique est une très grande inspiration pour moi, en particulier des compositeurs comme Bach, Brahms et Tchaikovsky... Enfin, récemment, alors que j'étais à Dublin j'ai découvert le groupe américain Fleet Foxes. J'aime beaucoup leur musique.

Voilà! Alors je ne saurais que vous conseiller de découvrir cet artiste singulier et prometteur! Un petit clic sur les deux albums et zouh! vous vous retrouver sur le site tutl.com qui propose les deux albums à des prix franchement raisonnables.








La Norvège partie 3



Après avoir quelques peu effleuré la musique jazz et folk avec Molvaer, les Garbarek et Ane Brun, aujourd'hui changement total de genre. La Norvège qui gagne et qui vend des disques aux Stazunis!
Madcon
Je te dis d'enlever cette casquette à la con! C'est la marque à Johnny!!

Madcon fait partie des groupes dont la Norvège peut-être fier. Voilà un duo qui vend des disques partout dans le monde et qui mine de rien a déjà récolté cinq Spellemannpriser (victoires de la musique) entre 2004 et 2008. Numéro un en France avec le célèbre Beggin', Madcon remporte en 2008 un world music award.
Hyperactifs, le duo est également très présent à la télé norvégienne car outre une émission de clip à leur nom, ils sont également les deux présentateurs du N'oubliez pas les paroles norvégiens, Kan du teksten?



Ah ben oui c'est autre chose que Nagui ma petite dame, hein? Mais par chez nous, on les connaît plus pour le titre Beggin' que pour leur talent d'animateur télé. On les retrouve donc dans ce clip à l'esthétique très Backspoitation.


Beggin'

Et enfin, pour celles et ceux pour qui le titre Beggin' ne dit rien, regardez-y ch'ti coup d'oeil...

Liar

Voilà qui est tout pour ce jeune et fringuant duo!

Lene Marlin


Alors puisqu'il s'agit d'une partie consacrée aux artistes norvégiens qui vendent des disques, je ne peux pas échapper à Lene Marlin Pedersen. Autant le dire, ce n'était pas forcément ma tasse de thé au départ mais en regardant d'un peu plus près on peut y trouver des choses intéressantes.

Alors comment parler de Lene Marlin sans évoquer de deux tubes de sa carrière? D'abord, une petite curiosité, Where I'm headed, B.O. du film Mauvaises fréquentations dont le clip officiel voit se cotoyer Robinson Stevenin, Maud Forget et une Lou Doillon furtive et dread-lockée...



Et puisqu'on en est aux bandes originales, notons que Lene Marlin s'était déjà remarquée en faisant de son premier titre Unforgivable sinner, une des chansons de la BO du film, cette fois-ci norvégien, Schpaaa (à vos souhaits)



Nous sommes en 2005 et confortablement installée sur la scène internationale, la belle se dit... "Bon je vends des disques au Luxembourg et au Portugal, c'est très bien mais je veux plus, oui je veux bien plus Pipou... (Pipou c'est son chien. Comme toutes les chanteuse romantiques elle parle à son chien)"

Et effectivement, si elle est une star en Europe, il lui manque encore deux continents à son tableau de chasse, et pas des moindres : L'Asie et les Stazunis (car les Stazunis sont un continent tout le monde le sait).

Tout d'abord commençons avec l'Asie. C'est une règle chez les Européens. Il faut à tout prix être connu en Chine ou au Japon. C'est un gros marché et les Chinois étant en général flattés qu'un artiste un peu connu viennent les voir, ils reçoivent très bien. Lene Marlin a beau être une jeune romantique qui chante des chansons à la guitare et dans le vent, elle n'oublie pas que la musique est un business et c'est ainsi qu'elle (elle ou plutôt son producteur) a la brillante idée de reprendre un titre de Faye Wong.

Alors, arrêtons-nous deux secondes sur Faye Wong car il ne s'agit pas d'une petite chanteuse pop de seconde zone. Faye Wong est the super star qui vend des millions de disques partout en Asie (et aussi un peu à l'extérieur). Faye Wong, c'est aussi une actrice qui joue dans des films de Wong Kar-Wai, des séries TV et qui, à l'échelle de l'Asie serait un peu une Mylène Farmer qui jouerait dans des films d'Almodovar.

Une fois le marché chinois conquis, il lui reste le Graal, l'Eldorado et nous sommes en 2007, la belle prend le vol Oslo-Amérique-city et, son baladeur solidement vissé sur les oreilles, elle chante à tue-tête "L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai!"

Lene Marlin est songwriter... Elle se dit (elle ou son producteur) qu'écrire pour une grosse star peut lui apporter gloire et renommée! Alors qui choisir? Madonna? Non, trop gros dossier et de toute façon personne ne sait qui écrit pour Madonna.. Britney Spears? Lol! Non mais tu m'as vue?? Ahhh... Rihanna! Elle a du succès et étant donné qu'elle est capable de faire une reprise d'O-zone, on peut peut-être lui refiler un morceau. C'est ainsi qu'elle compose Good girl gone bad en 2007.

Voilà! Tout est dit. Lene Marlin est devenue une femme accomplie. Une artiste qui en douze ans de carrière est passée de jeune lolita Avril Lavignesque à une artiste authentique qui s'est construit une carrière et un CV assez impressionnant. Vous l'aurez sans doute compris, ce n'est pas forcément ma tasse de thé... mais dans un blog sur la musique de Scandinavie, il me semblait normal d'évoquer la quand même très talentueuse Lene Marlin Pedersen...

Le dossier sur la Norvège continue bientôt mais dans mon prochain post je reviendrais sur le Féroïen Høgni Reistrup que j'ai (presque) interviewé il y a quelques jours!

_____

En résumé...

Madcon :

3 Albums :
2004 : It's all a Madcon
2007 : So dark the Con of man
2009 : An inCONvenient truth

_____

Lene Marlin :
4 Albums :
1999 : Playing my game
2003 : Another day
2005 : Lost in a moment
2009 : Twist the truth


jeudi 13 mai 2010

La Norvège partie 2


Aujourd'hui, encore des noms à coucher dehors! Allez on démarre sans plus attendre avec un sommaire des plus sympathiques : Nils Petter Molvær, Jan (et Anja) Garbarek et enfin Ane Brun.

Nils Petter Molvær


Originaire de la petite île de Sula, Nils Petter Molvær est un musicien prolixe qui mélange avec talent le jazz et la musique électronique, le hip hop et même le rock.
J'ai découvert cet artiste il y a une bonne dizaine d'année, à l'époque de Nulle Part Ailleurs et si je ne me trompe pas, mon premier contact avec NPM s'est fait à travers l'envoutant titre Khmer que voici :


Khmer (1997 - Album Khmer)

Tout de suite passionné par l'univers sensuel et mystérieux du monsieur, je me rappel avoir fait 45 kilomètres en train pour acheter son CD. Oui, je sais que ça intéresse personne mais moi ça me fait plaisir de le dire... Musicien de très grand talent donc, mais aussi producteur, NPM est devenu en quelques années le meilleur représentant du nu jazz, accumulant de fait les collaborations avec des artistes aussi divers que la chanteuse Sidsel Endresen ou le français (trop méconnu et trop tôt disparu) Hector Zazou...



Avec Sidsel Endresen sur la scène du Rockefeller à Oslo en 2005

J'invite toutes celles et ceux qui découvriraient ce blog, et cet artiste de prendre un moment pour s'essayer à l'écoute de sa musique zen et inspirante. NPM a par ailleurs composé quelques bandes sons de film dont celle du film français Edy (pour l'anecdote Edy est aussi la dernière apparition de Philippe Noiret)...

Voilà qui Edy (hohoho) et puisqu'on est dans les intruments à vent restons-y et dans la famille Garbarek, je demande le très rigolo père Jan, saxophoniste de son état.


Jan Garbarek

Je fais de la musique moi, c'est sérieux! J'ai pas le temps de rigoler!


Jan Garbarek est l'exemple type de l'artiste jazz précoce et ouvert à toutes les cultures. Né en 1947, il remporte avec son groupe et à seulement 15 ans un radio crochet et est repéré puis embauché par la chanteuse de jazz Karin Krog qui lui ouvre son carnet d'adresse et lui permet d'entamer une carrière prometteuse...




Viendront ensuite et avec l'expérience, des collaborations avec des noms aussi prestigieux que George Russel (attention, George, pas Kurt!), Bobo Stenson et surtout Keith Jarret. Figure incontournable du jazz européen, Jan Garbarek est un artiste ouvert et passionné. Bon, je sais que la photo ne traduit pas forcément la générosité du monsieur mais écoutez juste voir ça et vous m'en direz des nouvelles :



Live en compagnie de Ravi Shankhar

Il y a beaucoup de choses à dire sur Jan Garbarek, mais ce blog n'est pas particulièrement dédié au jazz et si il est vrai que j'aime beaucoup cet artiste - à découvrir sur la longueur, je me permets d'ajouter que l'article wikipédia le concernant est assez bien fourni et petite info en plus, le site du jazzman annonce qu'il sera en concert le 13 juin au parc floral. Un bon moyen de découvrir l'artiste!

Allez! Après le père, la fille!

Anja Garbarek




On l'a souvent comparée à Björk mais dans nos pays relativement imperméables à la culture scandinave, on aime mettre des étiquettes sur des noms. Ça évite d'aller plus loin dans l'analyse et tout le monde est content. La comparaison avec Björk, on avait déjà fait le coup à Stina Nordenstam, Emiliana Torrini, et en réalité toutes les chanteuse scandinaves ayant une voix un peu au perchée.

The last trick (2006 - Album Briefly shaking)

Mais Anja Garbarek c'est une carrière inspirée et faite de quatre albums tous réussis. Une bande originale (Angel-A de Luc Besson), une longue collaboration avec le déjanté Robert Wyatt et quelques incursions dans le black metal avec le groupe, lui aussi norvégien, Satyricon. Tout comme Erlend Øye, dont je parlais dans le précédent post, la miss joue sur différents terrains et sans jamais faire de fausses notes.


Strange noises (1996 - Balloon Mood)

Ane Brun

De son vrai nom Ane Brunvoll, la jeune gratteuse, originaire de Molde et installée à Stockholm, the place to be..., en est, depuis 2003 à six albums dont trois lives. Prolixe elle l'est car non contente d'écrire et de composer elle-même la plupart de ses chansons, la belle a également développé un talent évident pour reprendre et s'approprier les tubes des autres. Les deux exemples qui suivent sont là pour le montrer :


This voice (2005 - Album The tempory dive)

En effet, si Ane Brun a réussi à se tailler une solide réputation de song writer en quelques albums, elle excelle également dans les reprises et en voici une, celle de Big in Japan d'Alphaville qu'elle interprète dans ce live de 2008 à Stockholm :



Big in Japan (live à Stockholm - 2008)

Quelques années avant la fameuse reprise d'Alphaville, Ane Brun avait attiré l'attention sur elle par sa participation au tube de Madrugada, Lift me...



Enfin, et pour prouver que les norvégiens ont de l'humour, je vous propose une petite blague racontée par Nils Petter Molvær. Moi je la connaissais déjà mais avec un lapin mais bon elle est drôle quand même...




* * *



mercredi 12 mai 2010

La Norvège partie 1


Aujourd'hui la Norvège! Enfin la première partie seulement car ,cachée derrière les deux arbres que sont A-ha et Lene Marlin, il y a toute une forêt d'artistes aussi diverses que talentueux.
Dans un premier temps, le dossier Norvège comprendra quatre ou cinq chapitres mais dans un premier temps seulement car nul doute qu'à terme, et si ce modeste blog à la chance de perdurer, quatre parties ne suffiront pas. Alors, la question que je me suis posée en abordant le sujet a été de savoir comment scinder le dossier? Par genre musical? En différenciant chanteurs masculins, féminins et groupes? Ceux qui chantent en nynorsk? En bokmål? En anglais? Si j'ai d'abord été tenté d'aborder le sujet en classant les groupes et artistes par genre, je me suis rapidement rendu à l'évidence : Si en France le cloisonnement est de règle en matière musicale, c'est beaucoup moins vrai dans les pays du Nord en général et en Norvège en particulier. Pour preuve, et ce sera mon premier topic du jour...

Erlend Øye


Petit cours de norvégien, on dit un Erlend Øye, des Erlend Øyer et (les) Erlend Øyerne!

Bon, pour les quelques un(e)s qui ne le connaitraient pas, sachez qu'il n'y a pas un Erlend Øye mais trois! Ca fait pas peur, ça?

1) Le DJ chantant qui a, entre autre, poussé la chansonnette aux côtés de Röyksopp dans des titres aussi fameux que Remind me ou, comme ici, Poor Leno :


2) Un autre Erlend Øye est le chanteur romantique du duo Simon et Garfunkelien Kings of Convenience qui nous propose de la folk et de la Bossa Nova sous le ciel nuageux de Bergen. Voici un reportage très 19/20 de arte sur K.O.C. :



3) Et enfin, Erlend est aussi le leader d'un autre groupe the Whitest boy alive. Alors c'est quoi donc que the Whitest boy alive? C'est un concept, à chemin entre le pop, le rock indé et l'électro...



Alors, je préfère le dire tout de suite, je ferais, comme pour Stina Nordenstam, un petit dossier spécial Erlend Øye car même en un post il me serait difficile de décrire l'étendu du talent du geek norvégien. En attendant, et pour rester sur le thème de la Norvège, parlons un peu d'un autre petit génie...

Sondre Lerche


Quand en 2001, le tout jeune Sondre Lerche a sorti son premier album Faces down, il ne s'en est pas rendu compte mais il a détruit d'un seul coup tous mes espoirs de devenir un jour une star internationale du rock. Comment faire mieux que des titres comme Sleep on needles, You know so well ou le très primesautier Modern nature?



A seulement 19 ans il entrait dans la cour des grands à coup de "Eh vas-y que je t'écris et je compose mes chansons moi-même, eh vas-y que j'te ponds un album tous les deux ans" et encore pire, "Eh vas-y que j'te m'tape un top model!" Alors moi je sais pas mais à un moment donné, je pense qu'on devrait essayer d'être un peu discret, quoi! Est-ce que moi j'me la raconte avec ma collection de timbres du Sao Tome é Principe? Non?? Bon alors!

Bon, pour montrer que je ne suis pas rancunier. Un autre morceau du jeune et sautillant Sondre, en attendant un post complet dédié à son œuvre. Mais je me demande quand même si il le mérite...


Voilà, c'est tout pour cette fois! Dans mon prochain post, encore des noms à coucher dehors, Nils Petter Molvær, Jan Garbarek et Ane Brun! Ben oui, la Norvège est un pays qui permet de gagner au scrabble...

Pour finir, quand même, une chanson de A-ha massacrée par Reel Big Fish, un classique, non?



* * *

Un peu de culture : ci-dessous une vue de Bergen la ville dont sont originaires Erlend Øye et Sondre Lerche...


dimanche 9 mai 2010

Stina Nordenstam partie 2

Il est pas né celui qui m'empêchera de regarder en haut à droite avec désinvolture!

Deuxième partie de mon petit tour d'horizon de la carrière de la mystérieuse Stina Nordenstam. Hier, j'en étais resté à son troisième album, Dynamite. Aujourd'hui, tout le reste! Et commençons avec People are strange... un album de reprises où l'on peut rencontrer les Doors, Prince et, presque comme une évidence, Leonard Cohen.


Paradoxalement, si cet album, sorti en 1998, ne contient qu'une chanson originale, c'est pourtant celui-ci qui aura le plus de succès car pour Stina, reprise ne veut pas dire copie et l'on s'en rend compte dans cette version toute personnelle du tube des Doors.

People are strange (UNKLE remix pour la version japonaise de l'album du même nom)

Désormais installée sur la scène internationale, et débarrassée de l'encombrant tube little star, Stina peut choisir ses collaborations. Les Chemical Brothers, Vangelis, Brett Anderson viendront tour à tour aérer l'univers de l'artiste. L'album This is Stina Nordenstam, sorti en 2001, semble délaisser, un tout petit peu, les rythmes mystérieux de ses trois précédents albums en adoptant un ton résolument pop.

Trainsurfing (duo avec l'anglais Brett Anderson, ex-leader du groupe Suede)

Toujours aussi envoutante, mais un peu plus consensuelle (ou alors c'est moi qui vieillit...), le dernier album de Stina, The world is saved est un succès critique. Il y a un peu des grands albums de And she closed her eyes et de Dynamite dans cet opus et très subjectivement, j'y vois une parenté avec la Norvégienne Anja Garbarek.

Get on with your life

J'aurais peut-être pu parler un peu plus des différentes collaborations de Stina avec Vangelis, avec Koop, Yello ou les Chemical Brothers. J'aurais peut-être du préciser que le clip de Little star avait été réalisé par Michel Gondry (voilà c'est fait!)...

Il y a plein de choses à dire sur cette artiste, et pour être tout à fait honnête, j'essaye de concevoir ce petit blog comme une petite base de donnée, évidemment non exhaustive et surtout modifiable... Rien ne m'empêchera de revenir un peu plus tard sur la première ou la deuxième partie de ce dossier Stina et peut-être même en créer une troisième (de partie) si la belle se décide à sortir un autre album, faire une tournée ou du céléri rémoulade.

En attendant, et comme promis, une petite vidéo documentaire assez bouleversante et qui montre comment écouter Stina Nordenstam permet d'avoir de beaux cheveux...


Vite! Passe-moi ton ipod! Je dois me laver les cheveux!

Et enfin pour finir, car il faut bien finir... Emma Nordenstam, la petite soeur de Stina qui, si elle n'est pas aussi connue que sa soeur, en est quand même déjà à son deuxième album. Également auteure de chanson pour enfants, Emma voit ses petites ritournelles régulièrement diffusées à la radio suédoise (dixit elle-même sur son myspace). Pour en découvrir le style, assurément très différent que celui de sa grande soeur, voici un petit live de 2006 pour nyhetsmorgon, le télématin suédois...





Tiens, ça fait longtemps que j'ai pas regardé en haut à droite...

samedi 8 mai 2010

Stina Nordenstam partie 1


Aujourd'hui, gros dossier (en deux parties) : Stina Nordenstam!


Je m'appelle Stina et j'adore regarder en haut à droite de manière désinvolte

J'ai découvert Stina Nordenstam en 1995. A l'époque étudiant en langues scandinaves à Lille, j'avais décidé de me spécialiser dans la musique minimaliste et que personne n'écoutait et, après avoir dévoré le premier album, debut de Björk, (et en 1995 rares étaient ceux qui connaissaient Björk), je tombai sur un article des inrocks qui parlait de cette chanteuse au nom difficilement prononçable et que les professionnels de la profession comparaient à la-dite Björk.
Mon premier disque de Stina fut (heureusement) And she closed her eyes.



Je dis heureusement car à l'époque, il n'existait que deux albums d'elle. And she closed her eyes donc, et Memories of a color, un premier LP plein de bonnes choses mais assez peu représentatif de l'artiste...

A la première écoute, je compris le lien entre Björk et Stina Nordenstam. Leurs voix sont assez proches mais à bien réécouter c'est là le seul point commun entre les deux artistes. Si l'Islandaise est une bête de scène qui n'hésite pas à en faire des caisses dans ses délires, la Suédoise, sorte de Françoise Hardy du grand nord, ne fait quasiment ni concert ni interview.
En préparant ce petit dossier, je me suis en quête de supports vidéos et c'est alors qu'un beau jour, sur youtube, je tombe sur cette petite perle, une ancienne interview de la belle pour MTV UK. En regardant bien, on se sent tout de suite qu'elle n'est pas très à l'aise...


And she closed her eyes est un disque pop/folk et mélancolique qui décrit des émotions avec douceur. Elle y parle de rupture, d'amour et d'une obsession qui reviendra souvent dans ses chansons, la mort.
Avec de tels thèmes, difficile de faire une carrière consensuelle à la Britney Spears, donc pas de tube sur ce disque si ce n'est, peut-être, little star, la petite chanson légère qui fut reprise dans le film Leonardo Di Caprien Romeo+Juliet.




Et donc, comme tous les fans, j'ai tendance à moins écouter celle-là, lui préférant des titres comme celui-ci.


Hopefully yours

Si le premier album de Stina était un petit bonbon sucré de pop jazzy et de mélodies encore assez eighties, son deuxième opus voyait déjà la peinture se craqueler et c'est avec Dynamite (encore meilleur selon moi) que Stina faisait exploser les codes et dévoilait enfin son vrai visage.

Et effectivement, Beaucoup plus sombre et tourmenté que ses albums précédents, Dynamite tombe dans une introspection froide et électrique. Si l'artiste utilise pour la première fois et sur quasiment tous ses titres des guitares saturées, Dynamite n'en est pas pour autant une oeuvre tataboum. On est dans un autre univers. Un univers où se cotoient le désespoir, la rupture et des enfants tueurs (Mary Bell). Bon évidemment dit comme ça, ça donne pas très envie mais il existe des disques un peu triste qui font quand même du bien.


Donc, ce qu'il faut retenir de ce petit article :
- Qu'il y aura un autre post dans lequel j'évoquerai la deuxième partie de la carrière de Stina Nordenstam avec les albums People are strange, This is SN et The world is saved...
Je parlerai également de la petite soeur de Stina, Emma qui chante sur scène et en suédois! Et ben dis donc!



Oui j'aime beaucoup regarder en haut à droite de manière désinvolte

* * *

Et je finis avec les Suédois de Wannadies qui n'ont pas grand rapport avec Stina Nordenstam si ce n'est cette chanson, you and me song qui figure comme little star, sur la bande originale de Romeo+Juliet...



Ça me rappelle qu'il faudra bien un jour faire un topic sur le tataboum suédois...

jeudi 6 mai 2010

Les îles Féroé partie 2


Je ne fais pas une fixation sur les îles Féroé, promis mais je découvre des artistes depuis quelques temps, et des artistes indépendants sacrément talentueux, à mon humble avis.
Le premier de la (deuxième) série s'appelle Brandur Enni, un chanteur dont je ne sais pas grand chose si ce n'est qu'il vit en Suède, the place to be, quand on est Scandinave et qu'on veut réussir dans la vie sans pour autant aller chez ces fous d'Anglais, incapable de boire avec dignité et retenue. J'aurai l'occasion de reparler de la Suède, ce pays magnifiquement discret et qui est pourtant une fourmilière de talents autant dans le jazz que dans le rock, le metal, la pop, l'indus, l'électro, enfin tout, quoi...

Mais aujourd'hui je reste sur Brandur Enni. Un petit songwriter sympathique et frêle qui ne révolutionnera certes pas la musique mondiale mais qui se laisse écouter sans trop d'effort. Pour décrire un peu son univers, je dirais juste qu'il a récemment travaillé Julien Ribot (un pote Philippe Katerine) et qu'il vient d'obtenir un award! Et pas n'importe quel award, le "the artist of the year" des planets awards...

Sometimes Truth Needs a Lie

Après Brandur, à qui le tour? A Teitur! Teitur Lassen pour être précis et celui-là est un peu plus installé sur la scène internationale. Après un album bien ficellé, le jeune homme sympathique voit sa deuxième galette produite par Martin Terefe (Ron Sexsmith, Jason Mraz... ). Dans la foulée il enquille en assurant la première partie de Radiohead en 2008 et obtient le best male artist award aux Danish music awards en 2007 et 2009.


Le dernier petit focus du jour est pour Lena Anderssen et voyez comme il y a de la recherche et de la logique dans ce post car cette dernière a composé des chansons pour Brandur Enni et a participé à l'un des albums de Teitur! D'origine Canado-Norvego-Féroïenne (je sais pas si ça se dit), cette chanteuse excelle autant dans le rock, que le folk ou le jazz...


Voilà! Fini pour aujourd'hui! Le prochain dossier pays ne concernera pas les Féroé (promis) mais la Norvège. On reparlera du petit archipel un peu plus tard, le temps pour moi d'augmenter ma petite base de donnée... Et comme pour faire un lien avec le prochain sujet on retrouve Teitur en compagnie de la Norvégienne Ana Brun...





Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...