samedi 5 novembre 2011

Teitur Lassen


Teitur, dont j'avais déjà parlé il y a quelques temps dans un post sur les îles Féroé, est certainement, avec Eivør Pálsdóttir, l'artiste le plus connu du petit archipel scandinave. Passons rapidement sur sa collaboration avec notre bretonn(ant)e et commerciale Nolwenn nationale et disons, pour faire simple qu'il avait ses raisons et qu'il est fort possible, par ailleurs, que je sois absolument inculte et que la vraie bonne musique me soit complètement étrangère (wink wink).


C'est incroyable! Comment qu'y met ses doigts ça fait comme qui dirait de la musique!

Mais revenons à Teitur. L'histoire, comme toujours avec les artistes féroiens, commence réellement à Copenhague. Tenter une carrière est une chose mais si l'on veut faire porter sa voix un peu plus loin qu'à Tórshavn, il faut à un moment donné se dire : "Allez cette fois-ci c'est décidé! Je fais mes valises et j'y vais!".

Pour Teitur Lassen, c'est à 16 ans que le choix se fait. Il part, avec sa famille s'installer à Copenhague et joue de la gratte quand il n'est pas au lycée. Très vite, il se fait remarquer et finit par jouer régulièrement dans un club de Copenhague. C'est à cette époque également que, malgré son jeune âge, Teitur se paye le luxe d'aller une fois par mois à Londres et à New York pour y écrire et jouer avec d'autres musicos... Difficile à croire mais c'est wikipédia qui le dit alors... Bref, il enchaîne les expériences et commence à s'affirmer, c'est le moins que l'on puisse dire.

Mais il faut bien se dire que le petit n'en était déjà pas à son coup d'essai. Fort d'une première expérience féroienne dans la musique (un premier groupe, Mark no Limits), Teitur n'était plus un débutant.

Mark No Limits - Syngja Sama Lag

Rapidement remarqué par BMI (une boîte américaine qui gère les droits des artistes au niveau mondial), Teitur trouve un manager (Christian Ulf-Hansen) et signe avec Universal. S'ensuit, presque naturellement, un premier et sublime album solo en anglais. Nous sommes en 2003, ce premier Opus s'appelle Poetry and Aeroplanes, et Teitur a 26 ans.


Ce disque, enregistré en Espagne et à Los Angeles par des musiciens de renom, permet de faire connaître Teitur hors de la Scandinavie. Cette popularité nouvellement acquise le conduira même à effectuer des tournées avec Suzanne Vega, un chanteuse qu'il adore et de qui il dira : "La chanson ‘’Luka’’ de Suzanne Vega m’a influencée. Surtout dans le fait d’écrire mes chansons et de découvrir le sens des musiques. En plus, j’adore la voix de Suzanne. J’ai aussi été choqué quand j’ai compris de quoi parlaient ces paroles. J’ai beaucoup joué cette chanson à la guitare quand j’étais jeune." (taratata 2009).


Séduit par le jeune artiste, John Mayer salue élogieusement Poetry and Aeroplanes et le considère comme "un des meilleurs albums des cinq dernières années", rien que ça.

Bien que n'étant pas reprises par les grandes radios internationales, plusieurs des chansons de Poetry and Aeroplanes se retrouveront sur des grandes chaînes de télévision américaines et sur la BO de plusieurs films, et plus particulièrement Aquamarine et Ma Super Ex (tous deux sortis en 2006). 


Josephine


Parti comme il est, il ne s'arrête pas et c'est fort d'un premier succès d'estime et avec un CV déjà bien rempli que Teitur s'embarque dans une tournée mondiale qui l'emmènera dans une vingtaine de pays. Mais en avril 2006, en raison de différends autant créatifs que juridiques, le manager de Teitur annonce la fin de la collaboration de ce dernier avec Universal. Désormais à la tête d'un label ; Arlo and Betty recordings, créé pour l'occasion, Christian Ulf-Hansen et Teitur seront désormais seuls à la barre.



Mai 2006 voit la sortie de Stay under the Stars, le deuxième disque en anglais de Teitur. Un album produit en Grande-Bretagne par le célèbre Martin Terefe (celui-là même qui s'est occupé, entre autres, de KT Tunstall, Cat Stevens, Jamie Collum). Stay under the Stars n'est certainement pas son meilleur LP. Enregistré en seulement 6 jours, ce deuxième album ne marque pas d'emblée pour son originalité, reposant sur des accords un peu faciles, mais les paroles font mouche et c'est avant tout un prétexte pour une nouvelle tournée. Car c'est connu, Teitur, la scène il aime ça (jeu de mot pourri). A noter tout de même des titres intéressants, tels que le Louie Louie, dédié à Louis Armstrong, ou l’apaisante ballade All My Mistakes :


All My Mistakes (du live "A Night at the Opera")


2007 sera riche pour Teitur. Cette année voit le jeune homme être consacré chanteur danois de l'année aux danish music awards, ce qui pour féroien est quand même assez symbolique mais, c'est aussi et surtout l'année de la sortie de Káta Hornið, un album entièrement écrit en féroien. J'ai lu des blogs et des articles en danois qui en disent beaucoup de bien, alors je relaye l'information mais à titre personnel, je ne l'ai pas écouté en entier, je me contenterai d'aller faire un tour sur itunes pour me faire une idée. Qui sait peut-être est-ce the album à découvrir? La seule chose que je puisse dire là-dessus, c'est que Káta Hornið signifie "coin joyeux" et qu'il s'agit probablement du nom d'une statue qui se trouve dans une rue piétonne de Tórshavn, la capitale des îles Féroé.



Ongir pengar...


Quelque peu pressé par des fans non-férophone (ça se dit?), Teitur annonce en septembre 2007 la préparation de son quatrième album, en anglais celui-là. C'est album c'est The Singer. Il sortira au début de l'année 2008 et c'est un carton. On est dans les gros moyen, l'énergie et une forme de chaleur qui détonne et installe définitivement l'artiste sur la scène internationale. Les Inrocks (même eux) saluent la "pop orchestrale" du chanteur. The Guardian écrit que "l'étrangeté artistique de cet album sera sans doute considérée comme une marmite sonore pour beaucoup, mais cette chose, profonde et visqueuse, n'est rien d'autre qu'extraordinaire".

Allez, voilà le tube de l'album. Ca s'appelle Catherine the Waitress




The Singer recevra la récompense de meilleur album de l'année aux Danish Music Awards 2009, ce qui est franchement mérité, Teitur étant désormais un artiste "danois" incontournable. 


Le dernier album en date de Teitur, Let the Dog Drive Home sort au début de l'année 2010. Si The Singer était un disque luxuriant et quelque peu fouilli, ce dernier opus en est l'exact opposé. Disque minimaliste, sans être minime, on là avec Let the Dog Drive, l'exemple du talent sûr de Teitur. En une dizaine de titre, Teitur installe une ambiance de connivence avec son auditeur.






Bon, débordé que je suis, je termine là-dessus mais tout de même une petite vidéo de Nolwenn chez Laurent Ruquier...




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...